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Hannah Steiner
(1894-1944)

En 1939, avant même le début de la guerre, la Tchécoslovaquie fut le premier pays à tomber aux mains des nazis. La Fédération WIZO Tchécoslovaquie, l'une des plus importantes d'Europe, fut contrainte de se dissoudre. Les femmes de la WIZO continuèrent à travailler sous couverture pour secourir et soigner les milliers de réfugiés juifs d'Allemagne, de Pologne et d'Autriche qui avaient fui les frontières. Jusqu'au début des déportations de Tchécoslovaquie, nos courageuses “chaverot“ WIZO aidèrent de nombreux Juifs à s'échapper vers la liberté.
L'une des héroïnes de ce pays était Hannah Steiner, une femme fragile au pouvoir spirituel remarquable.  Elle fut la fondatrice et la première présidente de la WIZO en Tchécoslovaquie et une amie proche d'une autre héroïne de la WIZO, Marie Schmolka.

Lorsque des milliers de réfugiés juifs fuirent l'Allemagne vers la Tchécoslovaquie en 1933, Hannah Steiner et Marie Schmolka prirent la tête du comité d'aide aux réfugiés.
Hannah envoya son fils et sa fille en Palestine (alors sous mandat britannique), mais elle ne chercha pas à s'échapper elle-même. Bien que ses amis la pressent d'émigrer avec son mari pendant qu'il était encore temps, elle leur répondit qu'elle ne pouvait se résoudre à utiliser un certificat d'immigration qui sauverait la vie d'un autre.

Elle poursuivit alors inlassablement ses activités de sauvetage jusqu'à son arrestation par la Gestapo.
Une fois libérée, elle reprit son travail pour les réfugiés jusqu'à ce qu'elle et son mari soient envoyés à Theresienstadt, où jusqu'à 70'000 personnes furent incarcérées dans des baraquements construits pour 3'000 personnes.

Même en captivité, Hannah savait qu'elle devait renforcer le moral des autres ; aussi organisa-t-elle des conférences sur les études juives, même si les conférenciers ne manquaient pas à Theresienstadt, qui était rempli d'érudits et de rabbins.

Elle ne se souciait pas du fait que tous ses efforts pouvaient être vains.

Sa foi qui était aussi illimitée que son énergie ne l'abandonna pas, même lorsqu'elle et son mari furent finalement déportés à Auschwitz, où elle mourut dans les chambres à gaz en 1944.